Mon stage infirmier, jour 2 et 3

Mardi 5 septembre 2017

Arrivée à la même heure, dans le même service avec la même infirmière. C’est plutôt sympa car je prends mes marques doucement mais sûrement et tâche de ne pas trop me perdre. Nous reprenons les mêmes patients que la veille pour que j’ai en peu en tête leur situation et leurs pathologies. J’attends patiemment que mon infirmière reçoive les transmissions de l’équipe du matin, aujourd’hui je les comprends un tout petit mieux qu’hier. Comme dit, j’avance petit à petit.

Mon infirmière m’informe qu’un de nos patients va partir au bloc opératoire dans l’après-midi pour une ablation d’ECMO, je parle chinois ? Oui ? Donc vous voyez le sentiment que j’ai à longueur de journée 😂 Cette petite intervention consiste à enlever au patient la machine qui faisait plus ou moins le boulot de son cœur. C’est toujours délicat car on ne sait jamais si le cœur va comprendre ce qui lui arrive et bosser correctement ou s’il va s’emballer, auquel cas l’ECMO est remise en place directement. Du coup, c’est nous qui préparons le patient pour aller au bloc car il emmène avec lui ses tuyaux, ses poches, ses médicaments et tout ce qui lui faut : un sacré déménagement je vous le dit ! Une fois prêt, nous enfilons masque, gants et charlotte pour descendre au bloc donc oui je peux le dire : J’AI ÉTÉ DANS UN BLOC OPÉRATOIRE. Bon je n’ai pas assisté à l’intervention, faut pas déconner non plus 😂 J’en retiens surtout qu’il y fait très très froid. Nous remontons en chambre avec notre lit vide et préparons tout de suite tout ce qu’il faut pour la sortie de bloc. Les infirmières sont très organisées car en réanimation il faut tout prévoir, même le pire surtout en sortie de bloc on ne sait jamais…

Il est maintenant temps d’aller voir notre second patient qui ne se veut pas très coopératif. J’apprends qu’il ne faut jamais forcer la personne aux soins, au risque qu’elle se braque totalement et perde toute confiance en vous. Cependant, il faut toujours insister lourdement style : « Vous êtes sûr sûr sûr sûr que vous ne voulez pas aller au fauteuil/manger/boire ? » etc. ça marche à peu près avec toutes les phrases 😝 Finalement nous arrivons à le mettre dans son fauteuil pour que son épouse puisse l’emmener faire un petit tour en extérieur. Ce patient va relativement bien pour quelqu’un qui a subit une chirurgie cardiaque avec complications mais comme il refuse de s’alimenter il est très faible et nous devons le garder parmi nous encore un peu.

Nous voilà donc sans aucun patient : l’un au bloc, l’autre dehors. Mon infirmière en profite pour m’expliquer beaucoup de choses notamment le logiciel où elle entre chaque geste qu’elle fait, chaque médicament qu’elle donne et à quelle heure. Elle y voit aussi les prescriptions données par les médecins et peut voir en temps réel si elles sont changées. Je révise également l’anatomie du cœur avec elle puis elle m’explique les différentes interventions chirurgicales pratiquées chez eux un peu plus en détail, c’est hyper intéressant. Enfin, elle me parle un peu du scope, le fameux écran où l’on peut voir en permanence les paramètres vitaux de notre patient : rythme cardiaque, pouls, taux d’oxygène dans le sang etc. Le scope possède des alarmes que l’on peut régler comme on le souhaite pour qu’elles sonnent dès que quelque chose devient anormal. Pourquoi les régler ? Car en fonction du patient, les normes peuvent varier ! C’est bien beau d’apprendre par cœur des chiffres pour les normes mais chacun étant différent notamment au niveau du poids, il ne faut pas s’arrêter à cela.

Quelques temps plus tard nos patients nous reviennent tranquillement. Tout s’est bien passé pour chacun. C’est l’heure de distribuer le repas si besoin et les médicaments du soir. Je m’améliore un peu avec la seringue pour prélever le médicament mais c’est pas encore ça ! 🙄 L’infirmière me rassure en me disant que pour quelqu’un qui est ici depuis 2 jours je me débrouille vraiment pas mal. J’assiste aux transmissions pour l’équipe de nuit et je rentre à la maison.


 

Mercredi 6 septembre 2017

5h30. Le réveil qui fait mal. Je passe d’équipe d’après-midi à équipe du matin et c’est un peu difficile pour moi. Je ne suis de nature pas très matinale mais en plus je n’ai pas réussi à m’endormir tôt la veille… Mais bon, quand faut y aller faut y aller ! Je me lève, prends rapidement une douche, me brosse les dents et m’en vais dans le calme et la nuit noire.

6h30. Je me retrouve avec une nouvelle infirmière aujourd’hui et je ne sais pas du tout ce qui doit être fait le matin. Elle aussi est très gentille et pédagogue, elle me présente le programme de la matinée qui promet d’être assez calme si tout se passe bien. Nous prenons les constantes, la température et la diurèse comme ça doit être fait toutes les heures, vérifions les nouvelles prescriptions et préparons tous les médicaments qui seront nécessaires dans la matinée pour chacun des deux patients. Dans un petit panier jaune, nous faisons nos courses dans la réserve.

Je fais ensuite un prélèvement sanguin à chacun. Je commence à me débrouiller pas mal pour ça, j’ai juste un petit problème avec les robinets des tuyaux j’ai toujours peur d’ouvrir dans le mauvais sens 🤔 Elle me laisse aussi préparer certains médicaments qui peuvent être préparés à l’avance dans les seringues, pas très réveillée j’en mets pas mal sur la paillasse mais l’infirmière m’assure que ce n’est pas grave, il faut bien apprendre un jour ! Nous faisons ensuite ensemble la petite toilette à ces messieurs ainsi qu’un soin de bouche et rasage si besoin.

L’infirmière me propose alors de changer le pansement d’un des cathéter de notre patient, j’accepte et me mets en blouse + gants stériles, là commence la catastrophe 😂 Ça parait simple comme ça mais en fait il y a une façon très complexe de mettre la blouse et les gants, ensuite il ne faut RIEN toucher ni avec la blouse ni avec vos mains. C’est un calvaire quand on a pas l’habitude et forcément c’est à ce moment là que ça vous gratte quelque part c’est dingue !! Bref, un peu laborieux tout ça, j’ai gâché un peu beaucoup de matos mais ça a eu le mérite de faire rire l’infirmière qui est très patiente avec moi (thank God) 😊

Mine de rien, le temps passe assez vite et un médecin arrive pour nous dire qu’il veut enlever les drains de l’autre patient. Nous le sédatons rapidement pour qu’il n’ait pas mal. Le médecin est une jeune femme très agréable, elle me mets tout de suite à contribution pour injecter le sédatif. Elle aussi a été très patiente car je découvre un peu tout ça, il faut encore que je réfléchisse à chaque fois que je fais quelque chose (attention aux petits robinets surtout !) ^^ Elle me montre ensuite comment elle sort les drains et en fait… c’est ni plus ni moins que tirer sur les tuyaux pour qu’ils sortent et je vous avoue que c’était un peu dégueu car ils étaient plutôt long et épais 😂

Comme d’habitude nous terminons par les médicaments de début d’après-midi puis c’est le moment des transmissions, déjà. En rentrant j’étais affamée puis je suis tombée direct dans mon lit pour une petite sieste. Demain, rebelote pour le matin !

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Blabla études #1 : Mon stage infirmier, jour 1

Bonjour à tous ! Aujourd’hui c’est un article un peu spécial que je vous ai concocté, il s’agit d’un petit aperçu de mon premier stage au sein d’un hôpital. Ayant réussi le concours de la PACES à Strasbourg, j’ai un stage infirmier à effectuer et j’ai non seulement envie de partager cette expérience avec vous mais aussi d’en garder une trace écrite 🙂

Si vous voulez en savoir plus sur la Première Année Commune aux Études de Santé aka la PACES je vous conseille de passer lire l’article suivant sur la blog de Tatiana : ici ! Bref à la fin de ce concours, nous pouvons choisir un stage (hôpital et service) selon notre classement, c’est-à-dire que le premier à tous les choix et les derniers ce qui reste, sympa hein ? 😀 Au début, je comptais prendre les urgences car je savais que j’avais un classement qui me permettait d’avoir pas mal de choix mais il n’y avait qu’un seul poste à l’hôpital que je souhaitais et il m’est passé sous le nez. J’ai donc choisi un autre service qui me faisait de l’œil, à savoir le service de réanimation chirurgicale cardio-vasculaire.

Les vacances sont passées par là… puis le jour J est arrivé.

Lundi 4 septembre 2017, jour 1

Ça y est, c’est le moment de se lancer dans la cour des grands si j’ose dire. Pas mal de stress et beaucoup d’excitation. Énormément de questions aussi : l’équipe soignante sera-t-elle sympa ? est-ce que je vais pouvoir faire des choses ou vais-je être la plante verte à coté de l’infirmière ? est-ce qu’il y aura du sang ? est-ce que je ne vais pas me perdre dans le dédale qu’est cet hôpital ? est-ce que ça sera difficile mentalement ? est-ce que ça ressemble à ce à quoi je m’attends ? est-ce que je vais retenir ce qu’on va me dire ?

Enfin bref vous voyez bien toutes les interrogations que ce genre de stage suscite mais pourtant un sentiment surpasse tout : c’est la fierté. Je suis ENFIN en 2ème année de médecine, ça devient réel de chez réel et c’est juste fou car c’est un rêve pour moi de faire ce métier. Après 2 années de galère en PACES je serai là, à l’hôpital et j’apprendrai car je ne sais absolument rien (ça, ça fait peur sachez-le).

13h sonne. C’est l’heure d’y aller.

13h25. J’arrive à l’accueil du service de réanimation cardiaque et me présente aux infirmières (qui ne sont pas au courant de mon arrivée évidemment). L’une d’entre elles me conduit aux vestiaires, me laisse enfiler ma tenue et c’est parti ! D’abord, les patients sont « attribués » aux infirmières. Dans ce genre de service, les soins sont très lourds et les patients ont besoin d’une surveillance constante c’est pourquoi chaque infirmière s’occupe de 2 ou 3 patients à la fois seulement. L’infirmière me prend alors avec elle et nous entrons dans la première chambre. Elle m’explique que les patients qui arrivent ici ont subi de lourdes opérations chirurgicales au niveau de leur cœur du type pontages, changement de valves ou réparation de l’aorte par exemple. De ce fait, ils sont branchés à plusieurs machines qui font fonctionner leurs organes en attendant que leur cœur puisse reprendre son travail. La première fois c’est très impressionnant à voir, la chambre est remplie de machines, fils et tuyaux partout !

L’infirmière prend le temps de m’expliquer l’utilité et le fonctionnement de chaque machine mais également ce qu’il faut vérifier toutes les heures ou toutes les deux heures. Elle me laisse prendre la température et vérifier la diurèse à chaque fois, ce sont des petites choses que je peux facilement faire 🙂 Je l’aide à lever un patient pour l’installer dans son fauteuil mais également à préparer les médicaments que nous devrons administrer au fur et à mesure de l’après-midi. Elle me laisse essayer de préparer les seringues mais j’ai un peu la tremblote ^^ Du coup, elle me donne une petite seringue et du sérum physiologique pour que je puisse m’entraîner à la maison tranquillement !

Le temps passe très vite, nous sommes très occupées avec ces deux patients quand ce n’est pas une machine qui sonne ce sont les poches nutritives qu’il faut changer. Bref, on ne s’ennuie pas une seconde ! Pendant un moment plus calme elle m’explique comment faire un prélèvement sanguin. Ici, c’est très particulier car nous n’avons pas besoin de piquer. La plupart des patients ont une voie centrale, c’est-à-dire pleeeeeeeins de tuyaux qui sont placés à des endroits différents et chaque tuyau est utilisé pour tel ou tel type de médicament. Du coup, on peut directement prélever du sang sur cette voie centrale. L’infirmière me montre une première fois puis me dit que si je retiens l’ordre les tubes colorés à remplir elle me laissera faire le prochain. Je répète dans ma tête : « vert, gris, violet, bleu » dans l’espoir de pouvoir faire un vrai geste technique et quelques heures plus tard, je fais mon premier prélèvement 😀

18h. L’interne nous annonce qu’il aimerait extuber l’un de nos patients et hop j’observe une jolie extubation en direct ! Ensuite, l’infirmière me montre quelques gestes de kiné pour aider ce pauvre monsieur à cracher et évacuer les glaires qu’il a accumulé suite à son intubation. Malheureusement, quelques dizaines de minutes plus tard nous observons un rythme cardiaque anormal et devons chercher des médicaments en urgence. Je laisse faire l’infirmière qui ne manque pas de m’expliquer ce qu’elle fait même si elle est pressée. Le rythme se stabilise, ouf.

18h45. Une petite pause s’impose. Moment de détente avec les collègues autour d’un petit goûter à base de beaucoup de Nutella. Eh oui.

19h15. On y retourne, notre patient souffre à nouveau d’anomalies du rythme cardiaque… Mon infirmière appelle donc le médecin de garde qui lui dit de remettre les mêmes médicaments que tout à l’heure et qu’il passera un peu plus tard pour voir ça.

En attendant, nous essayons de donner quelque chose à manger à notre second patient qui refuse bien comme il faut… Après de longues minutes à essayer de négocier une cuillerée, nous le remettons au lit.

Soudain, notre alarme s’affole. Notre patient aux arythmies cardiaques ne va pas bien et le médecin arrive pour l’ausculter. Il demande un ECG et mon infirmière accourt en me disant qu’elle m’expliquerai demain car là nous sommes un peu dans l’urgence ! Tout à coup, une autre infirmière entre dans la chambre avec un chariot d’intubation puis une autre avec un chariot de déchoquage. Je ne sais absolument pas où me mettre pour ne pas gêner… Les choses sérieuses commencent. Le patient est endormi en moins de 30 secondes, hallucinant. Et là, je vous assure que je me croyais dans une série médicale 😂 avec des phrases style « Chargez à 200 ! On dégage ! ». Assez impressionnant, pourtant personne ne m’a demandé de sortir, j’ai eu le droit de tout observer et c’était génial. Oui c’est glauque de dire ça mais je vous assure. Notre patient reprend peu à peu ses esprits et va mieux.

20h40. Nos deux patients sont calmement dans leur lit, tout est ok. Mon infirmière fait les transmissions à l’équipe de nuit (là par contre je comprends absolument rien de ce qu’elles disent). Et voilà, la première journée se termine à 21h. Plutôt mouvementée mais très enrichissante.

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[Challenge] Bingo littéraire de l’été #3 : bilan 2 mois

Bonjour à tous ! Nous voilà déjà à la mi-août, je vois la fin des vacances arriver à grand pas avec un mélange de mélancolie mais aussi d’excitation car septembre est synonyme de premier stage à l’hôpital pour moi 😀 Bref, le moment est venu de faire le point sur mon avancement dans le bingo littéraire de l’été :

X O O O X
X X X O O
X X X X X
X X X X
X X X O

Total des points : 32 pts
Livres lus : 17
Total de lignes : 1
Total de colonnes : 0
Bonus : 5 (LC) + 5 (Photo plein air)

Je suis plutôt fière de moi, le challenge avance bien même si j’ai un peu modifié ma PAL de départ comme vous l’avez peut-être remarqué ^^ Vous pouvez retrouver dans mon premier bilan les livres que j’ai lu pour valider mes 9 premières cases par ici.

Voici maintenant ceux que j’ai lus et validés entre le 21 juillet et aujourd’hui :

 Case n°5 : Lecture communeGardiens des Cités Perdues #1 – Shannon Messenger

 Case n°7 : Livre choisi par un participantAristote et Dante découvrent les secrets de l’univers – Benjamin Alire Saenz

 Case n°12 : Premier d’un série → Miss Peregrine et les enfants particuliers #1 – Ransom Riggs

 Case n°13 : JOKERLe Sel de nos Larmes – Ruta Sepetys

 Case n°15 : 1 BD/comic/manga → The Wicked + The Divine #1 : Faust Départ – Kieron Gillen et Jamie McKelvie

 Case n°18 : Lire en plein airJeu de Patience – JL Armentrout

 Case n°19 : Auteur françaisVingt-huit, épisode 2 – Sophia Laurent

 Case n°24 : Premier et seul romanDors, la nuit va te bercer – Benjamin de Marçay

Profitez bien de vos vacances pour les chanceux qui en ont encore et moi je vous dis à bientôt ! ❤